Vestiges De Limours

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On peut certes écumer sans fin les salles de vente ou les librairies anciennes, où trônent, impeccables et soigneusement dépoussiérés, des livres rares vendus fort chers et qui passent des mains d’un collectionneur à celles d’un autre, d’une génération à la suivante. Le livre est un objet d’art, sur lequel certains spéculent, et on le leur reprochera d’autant moins que les éditeurs eux-mêmes ont incité à cette spéculation, multipliant les tirages limités sous telle ou telle reliure, imprimés à partir de telle ou telle sorte de papier au nom exotique mais à l’aspect souvent assez semblable aux autres, paraphé ou dédicacé par l’auteur, tailladé en tranches de mille, en éditions « nouvelles » ou « définitives ».
Ce marché, largement aussi actif que le trafic des tableaux anciens , des luminaires d’Art Nouveau ou des jouets des années 20, amène hélas souvent les collectionneurs et les fournisseurs à se focaliser sur des auteurs déjà célèbres, des éditions recherchées, des écoles littéraires déterminées ou des thématiques jugées primordiales. Cet écrémage nécessaire, qui permet à tout collectionneur de se concentrer sur ce qui est de nature à enrichir son patrimoine ou à justifier ses coûteux investissements, a la désagréable contrepartie de vouer à l’oubli ou à la poubelle quantité de talents méconnus ou tombés en disgrâce.
La littérature française est en effet un iceberg, dont la majeure partie est immergée sous les flots du temps. Certes, hier comme aujourd’hui, il y a toujours eu des talents médiocres qui ne furent appelés à aucune postérité. On compte aussi dans cette masse submergée bon nombre de romans dont la problématique est dépassée, ou dont le contexte historique n’a pas survécu au temps qui passe. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont illisibles, ou dépourvus d’intérêt. On en dira pas autant de l’abondante littérature catholique, mettant en scène tel tiraillement lié à l’Évangile, et dont les interrogations théologiques nous semble aujourd’hui des délires monomaniaques. À part un Huysmans par-ci, un Barbey d’Aurevilly par là, il reste bien peu à sauver de ces romans théologiques qui sont encore les plus faciles à dénicher, tant personne n’en veut, et qui, malgré le mal que leurs auteurs donnèrent, ne firent pas oublier la décadence d’un Baudelaire ou le réalisme âpre d’Émile Zola, l’ennemi juré.
Une fois écarté tout cela, que reste-t-il ? Quelques talents précieux, parfois contestataires, mais pas toujours. D’obscurs inconnus, comme des célébrités de leur temps qui une fois mortes furent oubliées des générations suivantes. Leurs talents ou les modes littéraires n’ont pas toujours été en cause. L’Histoire de France, depuis près de deux siècles, a vu bien des changements de régime et trois guerres particulièrement douloureuses, dont la société est sortie en se sentant obligée de faire table rase du passé pour avancer vers l’avenir. Les écrivains trop favorables à la Monarchie ou à l’Empire furent rangés au placard par les Républicains. Ceux qui décrivaient des temps idylliques dans une ruralité travailleuse ou qui évoquaient une paix sociale révolue furent aussi mis inconsciemment à l’index du temps qui passe. Plus l’époque devenait sinistre, plus les bonheurs d’antan étaient des sources d’irritation. Le XXème siècle a entériné cette idée, finalement devenue mondiale, que la littérature se devait d’être actuelle, et de refléter le plus possible les enjeux de son époque. Rien de plus suicidaire, pourtant, que cette démarche, car les enjeux d’une époque sont éphémères, plus encore quand ils se coupent d’une permanence classique. On en arrive à une surproduction romanesque d’ouvrages devenant totalement caducs au bout de cinq ans, et témoignant d’une époque tourmentée vers laquelle nulle nostalgie ne ramènera les foules. La littérature, se privant de son essentiel, mais aussi de son contexte patrimonial, n’est plus aujourd’hui qu’une coquille vide, servant à alimenter les ventes des libraires.
D’où la nécessité de revenir à la base d’une discipline artistique qui témoigne, depuis son commencement, de la démarche exactement inverse : la continuité d’une pensée civilisée par-delà les rivages du temps, qui n’aborde son époque que pour en mieux conserver le souvenir dans une perspective de permanence.
Sans partager  l’optimisme béat d’un Edmond de Goncourt qui, dans le célèbre journal qu’il tenait avec son frère, songeait le plus sérieusement du monde aux lecteurs qui découvriraient son oeuvre dans 100 000 ans, il faut bien comprendre que la littérature du XIXème siècle, âge d’or du roman, était destinée à être lue 100 ou 200 ans plus tard, là où le moindre volume que vous trouverez aujourd’hui dans les nouveautés littéraires n’a d’autre objectif que de se rentabiliser en six mois. Voilà pourquoi il est impératif de lire des vieilleries qui ne flattent ni vos bas-instincts, ni vos impérieux désirs d’identification, mais qui vous ramènent le plus sainement du monde à la réalité et à l’intelligence universelle. Tout ce qui sort aujourd’hui en librairie, à quelques exceptions près, ne cherche qu’à trouver la faille addictive qui en fera une bonne affaire commerciale. L’intelligence est trop restrictive en tant que ciblage du public.
Aussi, se confronter à une sensibilité d’une autre époque aide énormément à prendre du recul avec celle du moment, et plus encore à la relativiser. Mais où trouver les bons livres d’antan ? Et bien, généralement, chez ceux qui ne savent pas ce qu’ils vendent. L’exemple de mes trouvailles de ce week-end est en ce sens particulièrement révélateur.

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C’est dans cinq ou six cartons déposés à même le sol, dans l’une des rues adjacentes du célèbre Marché aux Puces de la Porte de Clignancourt, que j’ai déniché ces volumes soigneusement numérotés (mis à part ceux qui ont perdu leur étiquette). J’en ai pris onze, mais il y en avait au total pas loin d’une centaine. Pour être honnête, la majeure partie d’entre eux était dans des états pitoyables : reliures explosées, pages manquantes ou détrempées, couvertures partiellement arrachées… Il y avait ainsi, dans ce triste état, les oeuvres quasi-complètes d’Hector Malot, ce qui déjà faisait bien la moitié du stock car le bougre fut un peu graphomane sur les bords. Restait l’autre moitié, et cela m’a pris deux après-midi pour tout fouiller, tout regarder et tout feuilleter. Et encore, j’ai laissé le premier jour trois romans d’Henry Greville dans un état très moyen, et que j’ai regretté le soir de ne pas avoir pris, et qui n’y étaient plus le lendemain. On ne peut même pas avoir confiance dans l’ignorance de ses contemporains, c’est un vrai scandale !
Néanmoins, après quelques heures agenouillé sur le bitume (et mes rotules s’en souviendront longtemps), j’ai fini par isoler ces onze volumes, qui vont du pas très courant à l’introuvable, de la haute littérature à la pochade humoristique, en passant par le roman-feuilleton ou le délire personnel. Mais avant de se pencher plus en détail sur ces ouvrages, posons-nous d’abord une question : pourquoi sont-ils numérotés ?

On serait tenté d’y voir la maniaquerie d’un collectionneur, mais la réalité est plus surprenante : tous ces livres viennent du fond de la bibliothèque « populaire » (je reviendrai plus bas sur ce terme) d’une petite ville située dans la grande banlieue de Paris, à la frontière des Yvelines et de l’Essonne, et appelée Limours.
Le fait n’est pas anodin, car il est pratiquement impossible de trouver si longtemps après un fond de bibliothèque aussi vieux. Quand des livres sont supprimés du prêt, les bibliothèques s’en débarrassent suivant la fameuse méthode dite du « pilon ». Les livres sont parfois donnés à une oeuvre de charité ou à des clients réguliers, mais le plus souvent ils sont broyés dans une usine de traitement, car le papier est une matière 100% recyclable, qui s’achète au poids comme n’importe quelle matière première. Cela fait qu’un livre qu’on détruit rapporte bien plus qu’un livre qu’on stocke. C’est en partie pour cela que les éditeurs impriment beaucoup plus d’exemplaires qu’ils ne peuvent en vendre, car non seulement imprimer de grandes quantités leur vaut de bénéficier d’une réduction des coûts de fabrication, mais les invendus peuvent être monnayés au prix du kilo de papier, et donc permettent de récupérer de l’argent – sauf pour l’auteur qui parfois se ruine pour racheter plein pot les exemplaires de son ouvrage voués à l’anéantissement.
C’est hélas ce qui permet à l’industrie du livre, guère florissante sinon, de vivre et même de vivre avec un certain confort : en revendant avec un bénéfice des ouvrages imprimés dans le seul et unique but d’être détruits. Situation absurde, et en même temps vitale, à l’image de bien d’autres aberrations de l’économie moderne.
Le principe du pilon n’est cependant, lui,  guère moderne, il existe depuis le XIXème siècle, même s’il profite évidemment plus aux éditeurs qu’aux bibliothèques. Néanmoins, celles-ci sont souvent limitées dans leurs rayonnages, et doivent régulièrement supprimer des exemplaires, peu ou plus guère empruntés, pour en placer de nouveaux à disposition. Il arrive que certains livres soient conservés dans une cave, de par leur rareté ou leur spécificité (thématique autour de l’histoire de la commune ou de la région, par exemple). Mais cette centaine d’exemplaires de romans du XIXème siècle en vadrouille dans des cartons de brocanteurs a quelque chose d’incroyable, dans le sens où elle implique que tous ces ouvrages sont restés stockés quelque part pendant plus d’un siècle. Et je parle d’une centaine, car c’est ce qui avait fini par atterrir dans les cartons de ce marchand des Puces, lequel a probablement subtilisé ce stock dans une déchetterie ou une usine de traitement du papier. Mais il y en a peut-être eu à la base plusieurs centaines, éparpillés dieu sait où et comment !
On remarquera, sur ma sélection, que les cotes vont de 236 à 1059. Il faut savoir aussi que si aujourd’hui Limours est une petite ville peuplée de 6700 âmes, c’était encore, au début du XXème siècle, une petite bourgade qui comptait à peine un millier d’habitants. Cela laisserait d’abord supposer que les 1059 premiers livres de la bibliothèque n’ont probablement pas été mis à disposition en même temps, mais bel et bien au fil de plusieurs décennies. Seulement voilà, comment se fait-il dans ce cas-là que les exemplaires supprimés n’aient pas été progressivement détruits ?
Autre interrogation : Comment et pourquoi tous ces livres ont resurgis du néant en 2019 pour se retrouver bradés aux Puces par des petits malins ?

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Un mot, avant d’aller plus loin, au sujet de l’appellation de « bibliothèque populaire ». Si la création des bibliothèques est presque aussi ancienne que l’écriture, elles ont longtemps été des établissements où on ne rentrait pas facilement, et où on ne faisait que consulter des archives sans avoir le droit de les ramener chez soi. Le principe moderne de la bibliothèque d’emprunt est né sous la Monarchie de Juillet, mais ne s’imposa réellement qu’en 1860, sous le très éclairé Second Empire. L’idée était d’offrir au prolétariat et aux classes ouvrières un accès à la culture et au divertissement littéraire, via des oeuvres mises à disposition que l’on pouvait emprunter pour quelques semaines quand on n’avait pas les moyens de s’en payer. L’époque voyait aussi l’essor grandissant du roman-feuilleton, et d’une littérature populaire de plus en plus inspirée mais aux idées républicaines jugées un peu inquiétantes. La création de ces bibliothèques populaires, gérées exclusivement par des bénévoles voués à l’Empire et reposant sur des dons de particuliers, permettait à la fois d’éduquer le peuple via des oeuvres variées, mais aussi de les sélectionner pour leur neutralité politique ou leurs bonnes mœurs. Ainsi combattait-on la propagande des romans-feuilletons républicains en mettant gratuitement à disposition du bas-peuple des oeuvres moins subversives, plus susceptibles de réconcilier le prolétaire avec l’ordre établi.
Florissantes durant la dernière décennie de règne de Napoléon III, les bibliothèques populaires survécurent à la chute du Second Empire, et furent récupérées par la IIIème République. Mais celle-ci étant désormais au pouvoir, elle représentait dorénavant l’ordre établi et il fut décidé que les bibliothèques populaires resteraient un commode instrument de propagande, mais cette fois au service de la République. Les auteurs monarchistes et bonapartistes en furent donc à leur tour écartés, ce qui sonna le glas de quelques carrières (notamment celle du très populaire Octave Feuillet).
Ce parti pris opportuniste, plus ou moins appuyé suivant les cas, amena au tournant du siècle les municipalités à fonder à leur tour des « bibliothèques municipales » qui bénéficièrent d’un budget plus conséquent, et d’un rayonnage plus fourni et plus varié. Face à cette écrasante concurrence, les bibliothèques populaires disparurent progressivement. L’avant-dernière mit la clé sous la porte à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. La toute dernière, la Bibliothèque des Amis de l’Instruction, se trouve à Paris, au 54 rue de Turenne, est demeure la seule bibliothèque populaire encore en activité, plus de 150 ans après sa création, bien qu’elle n’ouvre que deux heures par semaine le samedi après-midi. La B.A.I. est parvenue à garder presque l’intégralité de son catalogue, mais je doute qu’elle prête encore ses ouvrages les plus anciens.

La Bibliothèque Populaire de Limours, quant à elle, est donc née en 1904, c’est-à-dire relativement tard. Fondée par trois notables, elle a reposé sur un stock de 1200 livres récupérés de la vente des biens du Château de Valmesnil. Un stock inespéré pour une jeune bibliothèque qui comptait à ses débuts à peine une cinquantaine d’abonnés.
Une partie des ouvrages que j’ai acheté ce week-end aux Puces sont donc issus de ce fond de 1904, ce qui explique d’ailleurs leur antériorité, la plupart de ces romans datant des années 1840 à 1888. Cependant, il y a quelques exceptions : le livre portant la cote 1059, par exemple, date de 1928, ce qui implique qu’il y a eu des exemplaires volés ou abîmés qui ont été remplacés par d’autres plus récents, auxquels on a donné le numéro de cote des exemplaires manquants.
Disparue probablement durant les années 30, la Bibliothèque de Limours renaît en 1974, à nouveau gérée par une association de bénévoles, avant d’être reprise en main par la municipalité en 1982. Elle est depuis devenue la Bibliothèque Raymond Queneau, située place Aristide Briand, dans un bâtiment moderne construit sur l’ancien emplacement de la première Bibliothèque Populaire. C’est dire si, en fait, le stock originel n’a dû changer de mains que fort récemment, et pas forcément avec l’aval de la mairie. J’ai d’ailleurs contacté, pour de plus amples renseignements, l’Association des Amis de la Bibliothèque de Limours, en leur joignant quelques scans de cet article, mais on s’est bien gardé de me répondre…

Voyons à présent dans le détail ces quelques ouvrages rarissimes, sauvés in extremis d’une destruction programmée.

336bis – EUGÈNE SUE – « La Salamandre » (1832)
(Cet exemplaire : Quatrième édition de 1840)

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?) EUGÈNE SUE – « Le Commandant de Malte » (1841)
(Cet exemplaire : « Nouvelle édition » non datée, probablement des années 1850)

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Ce sont les deux plus vieux exemplaires du stock, vraisemblablement achetés dans sa jeunesse par le châtelain de Valmesnil, et pourtant, dieu sait que ce n’est pas une lecture pour aristocrates. Eugène Sue est un des premiers feuilletonistes à succès, il a surtout accédé à la postérité grâce à un roman-fleuve de 1500 pages, « Les Mystères de Paris » (1843), premier récit narrant la vie misérable des quartiers pauvres des grandes villes : brigands, prostituées, cabaretiers louches, hôtels borgnes, assassins et voleurs croupissant dans les bas-quartiers de la capitale. Ce roman fit en son temps l’effet d’une bombe, d’autant plus qu’il militait activement contre les peines carcérales cruelles et traumatisantes, infligées dès leur plus jeune âge à des adolescents coupables de menus larcins, qui se retrouvaient plus démunis et désespérés encore en sortant de cet enfer carcéral qu’avant d’y entrer.
Quelques années plus tard, Victor Hugo s’inspira grandement de ce livre pour son propre roman, « Les Misérables ». Quant à Eugène Sue, ce succès littéraire lui ouvrit les voies de la politique et de la députation, dont il ne profita pourtant guère longtemps, le coup d’état de Napoléon III l’amenant à s’exiler en Sardaigne, c’est-à-dire à Annecy, en Savoie, à l’époque où cette région n’était pas encore française.
Néanmoins, avant de devenir l’initiateur du roman social, Eugène Sue consacra ses dix premières années de carrière à des romans historiques ou des récits d’aventure et de piraterie, inspirés du succès de ceux de James Fenimore Cooper, dont l’influence fut très importante sur les premiers auteurs français de romans-feuilletons.
« La Salamandre » fut le premier grand succès littéraire d’Eugène Sue. Balzac, notamment, s’enthousiasma pour ce roman et prédit avec justesse un bel avenir à son auteur. « Le Commandeur de Malte » évoque quant à lui l’âge d’or de la piraterie au XVIIème siècle. Je suis sans doute l’un des derniers en France à lire des romans de piraterie, mais curieusement, j’aime beaucoup ça.

442) LÉON GOZLAN – « Le Médecin Du Pecq » (1839)
(Cet exemplaire : « Nouvelle édition » de 1858)

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444) LÉON GOZLAN – « La Famille Lambert » (1858)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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Je parlais de Balzac, voici celui qui fut son secrétaire, le marseillais Léon Gozlan, qui passa en son temps pour une plume raffinée et chaleureuse qui n’avait pas à rougir face au grand maître qu’elle côtoyait. Il est vrai que la littérature de la première moitié du XIXème siècle est assurément la plus précieuse, la plus précise, la plus aboutie, même si elle n’est hélas pas exempte d’un certain maniérisme qui en alourdit un peu la lecture. Stendhal et Balzac en sont les exemples les plus archétypaux, mais aussi les plus bourratifs. Il y eut heureusement en ce temps-là des auteurs moins germaniques et choucroutesques dans leur approche du roman. Léon Gozlan semble en avoir fait partie. Il succéda d’ailleurs à la présidence de la Société des Gens de Lettres (SGDL), initiée par Balzac et dirigée, avant Gozlan, par Alexandre Dumas, puis Victor Hugo. Hélas, ce prestigieux entourage ne permit pas à Léon Gozlan de partager avec eux une postérité définitive. Seul son récit de souvenirs sur son employeur, « Balzac En Pantoufles », reste encore ponctuellement réédité.
« Le Médecin du Pecq » est l’un de ses romans les plus emblématiques. C’est un portrait finement ciselé d’un médecin à la tête d’une maison de santé au cœur d’une petite ville de campagne – même si, en l’occurrence, Le Pecq est en fait une bourgade cossue de banlieue parisienne, située au sud de la forêt de Saint-Germain-en-Laye. En 1839, c’était une ville au bord de la Seine encore très rurale. Roman de mœurs, « Le Médecin du Pecq » dépeint le rôle à la fois de notable et de curé que le médecin a progressivement adopté dans les petites villes isolées, où on le consulte comme un oracle, et où on ne saurait presque rien lui refuser.
« La Famille Lambert » est un recueil de trois longues nouvelles. Vous noterez que ces deux livres ont été publiés par la maison d’édition Michel Lévy Frères. Quand l’un des deux frères mourut, l’autre s’associa avec un certain Calmann et ils fondèrent les éditions Calmann-Lévy, toujours en activité.

633) LOUIS D’HAUTECOURT, BARON D’AUDELANGE – « Le Travail de Pénélope » (1862)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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Celui-ci n’est pas piqué des hannetons, même si ses tâches en ont la couleur. Voilà un sacré collector, tellement rare que vous n’en trouverez même pas trace sur Internet. Je suis le premier à en parler, et à révéler virtuellement son existence, il ne me manque que de l’avoir lu pour le sortir totalement de l’oubli (et éventuellement le regretter).
Certes, on peut se méfier de l’oeuvre littéraire d’un baron, mais l’important ici, c’est l’éditeur : Poulet-Malassis, Auguste de son prénom. Un nom suffisamment rigolo pour qu’on s’en souvienne, et dont on rirait encore si cet aventurier de l’édition n’eût été l’ami et l’éditeur de Charles Baudelaire.
Sa carrière fut courte, comme souvent celle d’un éditeur qui s’acharne à publier des auteurs à scandales. De 1855 à 1862, très précisément, mais il fut apparemment très productif, bien qu’aucune liste exhaustive de ses publications n’existe.
Au sujet de l’auteur, on sait peu de choses, sinon qu’il était effectivement baron de la petite ville bourguignonne d’Audelange, et qu’il mourut un peu précocement, deux ans après la publication de ce roman. Lui et son épouse étaient apparemment familiers de Napoléon III, et possédaient un deuxième château à Bessancourt, une petite ville de la banlieue nord de Paris, assez proche de la forêt de Montmorency, mais finalement située à peine à quelques kilomètres de Limours. Il est probable que le baron d’Audelange et le châtelain de Valmesnil se connaissaient, et peut-être ce livre, au tirage limité, fut-il offert par l’auteur au châtelain, qui l’intégra à la bibliothèque familiale.
« Le Travail de Pénélope » est donc une sacrée rareté, ce qui n’en fait pas forcément pour autant un bon livre. En le feuilletant, j’ai pu voir qu’il s’agissait d’une vague histoire de coucheries adultères entre nobliaux à particules, qui me semble fortement inspirée de Georges Ohnet. Il y avait sans doute à l’époque un petit parfum de scandale dans ce genre d’intrigue, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est considérablement éventé.
Sinon, comme on peut le voir, cet exemplaire est dramatiquement marqué par les « rousseurs », en fait un micro-champignon qui se développe sur du papier, généralement dans des caves humides, et laisse ces traces totalement indélébiles. Le développement de ce champignon est heureusement assez lent, trop pour qu’il dévore entièrement un livre. Celui-ci est l’un des plus attaqués qu’il m’ait été donné de voir, c’est dire s’il a dû en passer des décennies au fond d’une cave…

624 – HENRY DE FORGE  – « Signé Durand » (1921)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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Henry de Forge fut un auteur assez actif durant les Années 1900-1940, mais dont l’oeuvre, protéiforme et diversifiée (romans, essais, anecdotes, théâtre, chansons), est assez rapidement tombée dans l’oubli, à supposer qu’elle ait réellement intéressé un public fidèle. Il existe peu d’informations à son sujet, si ce n’est qu’il fit de son mieux pour se faire connaître sans y parvenir, et qu’il eut assez de philosophie pour s’en amuser.
« Signé Durand » est en effet un roman plutôt humoristique, qui raconte l’histoire d’un jeune arriviste qui n’arrive à rien. Autobiographie déguisée ? Peut-être, mais pas forcément. Cela semble en tout cas avoir été un de ses romans les plus vendus.
J’avoue avoir un peu hésité à le prendre, les années 20 marquent la déchéance d’une certaine littérature populaire qui tombe parfois dans des effets un peu faciles. Mais le titre du dernier chapitre, « Et ce ne sera pas l’esprit qui brillera, ce seront les pieds, rien que les pieds » m’a convaincu que si tout cela n’était certes guère sérieux, ce n’était peut-être pas si mal tourné.

714) EUGÈNE CHAVETTE – « Les Petits Drames De La Vertu » (1882)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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877) EUGÈNE CHAVETTE – « Les Bêtises Vraies »(1882)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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Voici un véritable humoriste, l’un des tous premiers, même, à avoir écrit et publié avec succès des petites histoires ou de courtes saynètes théâtrales qui sont les ancêtres de nos sketches modernes, l’un des premiers aussi à manier l’ironie mordante, à une époque où c’était assez mal vu de le faire
Eugène Chavette était né pour être un humoriste. D’abord parce que son véritable nom n’est pas Chavette, mais… Vachette (!), et ensuite parce que son second prénom était Charlemagne. Eugène Chavette aurait-il gardé comme nom de plume Charlemagne Vachette que nul ne l’aurait oublié. Au lieu de cela, il ne voulut pas risquer le ridicule, et le résultat, c’est que son oeuvre passa totalement à la trappe après sa mort en 1907.
Durant près de quarante ans, Eugène Chavette fut un écrivain régulier, sans autre prétention que celle d’être un amuseur. Propriétaire de plusieurs cafés littéraires parisiens, son métier l’amena à côtoyer de grands noms de la littérature du XIXème siècle, qu’il ne chercha pas à concurrencer mais au contraire à faire rire, par le biais de courtes petites histoires qui témoignaient d’une critique acerbe de la bourgeoisie et de l’Ancien Régime. Physiquement, il était presque un sosie parfait d’Orson Welles (c’est lui que l’on voit représenté avec la barbe dans le premier dessin). Un colosse d’une largeur et d’une taille exceptionnelles pour un homme de sa génération. Cette carrure lui valut le respect même de ses adversaires ou des gens dont il se moquait.
Bien que sa carrière n’ait jamais connu de passage à vide, du fait même de ses nombreuses et prestigieuses relations qui se chargeaient de promouvoir chacun de ses livres, la renommée d’Eugène Chavette atteint son climax dans les années 1875-1885, suite à la publication de trois recueils complémentaires : « Les Petites Comédies du Vice », « Les Petits Drames de la Vertu » et « Les Bêtises Vraies ». Ce sont ces deux derniers volumes que j’ai déniché ce week-end, mais je possédais déjà le premier. C’est d’ailleurs dans celui-ci que se trouve le seul texte de Chavette encore admiré de nos jours, « Le Guillotiné Par La Persuasion ».
C’est un texte important, car il évoque, avec presque un demi-siècle d’avance, les futurs dadaïsme et surréalisme. L’histoire est principalement un dialogue entre un employé municipal et un condamné à mort qui, le jour de son exécution, refuse catégoriquement de se laisser exécuter, prétextant qu’il a de la méfiance et que se faire guillotiner ne lui dit rien de bon. L’employé municipal va donc recourir à tous les arguments possibles et imaginables, même les plus absurdes et les plus égoïstes, pour convaincre le condamné de se laisser guillotiner afin de ne pas décevoir tous ces braves gens qui sont venus pour le voir mourir avant de fêter cela dans une vaste nouba. Finalement, après être resté sourd à tous les arguments, le condamné se laisse fléchir quand son interlocuteur laisse entendre que l’Empereur lui-même serait très déçu de sa défection. Soucieux de ne pas surseoir à son admiration pour Napoléon III, le condamné se laisse finalement exécuter, et la soirée qui suit est parfaitement réussie, et tout le monde s’en félicite.
Humour noir, ironie mordante, brocardage assumé du Second Empire, de la casuistique et de la peine de mort, ce petit texte d’à peine quelques pages reste encore prodigieusement moderne par son humour noir, son ironie mordante, et son « nonsense » britannique. Tous les récits et saynètes de Chavette n’ont pas forcément gardé cette intemporalité, mais indéniablement, si ce n’est pas toujours drôle, c’est souvent plaisant à lire, avec des portraits féroces de personnages peu moraux et peu consensuels. À présent que j’ai la trilogie complète, avec moultes gravures et eaux-fortes, je vais probablement en faire des articles pour mon autre blog, Mortefontaine.

?) VICTOR CHERBULIEZ – « La Vocation du Comte Ghislain » (1888)
(Cet exemplaire : Edition originale)

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Celui-ci est bien coloré par des restes d’une liqueur quelconque qui en a arrosé les premières pages, mais cela n’est pas dénué d’une certaine beauté. Et puis les oeuvres de Victor Cherbuliez sont suffisamment rares pour qu’on ne passe pas à côté d’un volume qui, malgré un siècle d’accidents divers, est miraculeusement parvenu à conserver toutes ses pages.
J’ai longuement dit, ici et ailleurs, tout le bien que je pensais de Victor Cherbuliez, injustement écarté d’une postérité ingrate. C’est assurément l’une des plus belles plumes du XIXème siècle, un esprit érudit, affable, poignant dans le dramatique, irrésistible dans l’humour, et signant de magnifiques portraits de femme  avec un style raffiné, ciselé, précis et intelligent dans le détail. Marcel Proust le reconnaissait comme un de ses maîtres, Guy de Maupassant en disait le plus grand mal par jalousie aigrie : c’est dire si ce sont là les garants les plus sérieux d’un talent exceptionnel.
« La Vocation du Comte Ghislain » narre l’histoire d’un jeune aristocrate’ dissipé, extravagant, qui soudainement fatigué d’une vie de débauche et peu attiré par un mariage d’intérêt, décide un matin de devenir prêtre. Bien que selon la mentalité du XIXème siècle, un tel engagement est universellement perçu comme noble et désintéressé, il dérange profondément la famille de Ghislain, ses amis, sa promise et même le curé du village qui voit d’un mauvais œil ce prestigieux héritier qui prétend empiéter sur son domaine. Tous vont s’acharner à le faire renoncer à ce projet, alors qu’aucun, même le curé, ne lui avait jamais reproché la moindre de ses débauches auparavant.
Cependant, on aurait tort de voir dans ce roman un cours de morale religieuse. La vocation du comte est ici seulement la brisure qui fait tomber en panne une mécanique de conventions sociales bien rodée. Situé tout en haut de la hiérarchie sociale de son époque, le Comte Ghislain a une place enviable à laquelle il prétend renoncer, et renoncer pour adopter le mode de vie le plus démuni qui soit. C’est cela qu’on ne lui pardonne pas, et qui révèle les frustrations et les rancœurs de toute la population d’un canton, qui aurait célébré avec joie et fierté la conversion ecclésiastique de n’importe lequel d’entre eux, mais pas du plus riche et du plus nanti. Ainsi, le brutal apostolat du comte révèle le peu de sens moral et de charité chrétienne de ceux qui prétendent être d’irréprochables dévots.
Ce roman s’inscrit parfaitement dans l’oeuvre de Victor Cherbuliez qui a souvent dépeint les hypocrisies sociales des petites villes de province.  C’est aussi l’un des rares écrivains à ne pas se réclamer d’une partisanerie, même s’il est généralement jugé comme conservateur. En fait, il montre surtout que les mêmes corruptions, les mêmes vices, touchent indifféremment toutes les classes sociales, que la vertu n’est bien souvent qu’un apparat et la conscience de classe une complicité communautaire. En ce sens, il reste un écrivain dont les critiques sont très actuelles. S’il traite souvent de problématiques propres à son siècle, c’est pour en dégager des vérités malaisées, qui stigmatisent encore le monde moderne sous des formes différentes, mais pas fondamentalement dépassées.

?) EUDOXIE DUPUIS – « Comédies Enfantines » (1878)
(Cet exemplaire : Deuxième édition de 1884)

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De la littérature de vieille-fille ! On ne le croirait pas, mais non seulement ce fut un genre littéraire prolifique, particulièrement destiné aux adolescentes, mais on y trouve des choses pas si mal que ça, pour peu que l’on fasse abstraction de l’odeur de soutane et de frigidité tenace qui s’en dégage parfois.
La plupart des ces « mademoiselles » ont alimenté la très populaire Bibliothèque Rose, collection de romans féminins pour adolescentes, dont peu de gens savent qu’elle est vraiment très ancienne (1856). Son pendant masculin, la Bibliothèque Verte, n’est apparue qu’en 1923.
Eudoxie Dupuis fut, dans ce genre, une des auteures les plus prolifiques de la Belle-Epoque. Elle reste aujourd’hui connue pour avoir traduit et introduit en France un chef d’oeuvre britannique de la littérature enfantine, « Le Petit Lord Fauntleroy » de Frances Hodgson Burnett.
Elle a laissé beaucoup d’ouvrages plus variés ou plus luxueux que ses consœurs, et certains atteignent d’impressionnantes cotations qui touchent généralement assez peu ce style de littérature. D’ailleurs, vous ne trouverez guère sur la toile ces « Comédies Enfantines » dans une aussi ancienne édition, et dans un état aussi parfait. Vient-il d’ailleurs du fond de bibliothèque de Limours ? Je l’ai trouvé au même endroit que les autres, mais il n’a ni cote, ni tampon. Il n’est pas exclu que ce livre ait été un don de particulier que les bibliothécaires n’aient pas jugé pertinent de mettre en rayonnage.
Il est vrai qu’Eudoxie s’adressait plutôt aux petites jeunes filles de bonne famille. Cet ouvrage, l’un de ses premiers, propose des mini-pièces de théâtre à faire jouer par les enfants. C’est là un divertissement familial qu’on trouvait assez peu chez les familles d’ouvriers.
Pourtant, il ne faut pas croire qu’il s’agit forcément d’un monceau de niaiseries. Ces petites comédies sont en fait assez longues et écrites dans une langue française plutôt châtiée que même des adultes en 2019 peineraient à comprendre et mémoriser. Il s’agit principalement d’adaptations théâtrales des fables de La Fontaine ou des contes de Perrault, plus quelques autres histoires à l’origine moins identifiable. Certaines de ces courtes pièces font quand même une trentaine de pages, ce qui est quand même costaud pour des gamins de 6 à 12 ans. Toutes les pièces sont accompagnées d’indications scéniques extrêmement détaillées, où presque rien n’a été laissé au hasard.
L’ouvrage eût apparemment un certain succès, et connut plusieurs réimpressions. C’est évidemment très désuet, mais ça a son charme. À noter que cette édition a été imprimée sur commande pour un lycée de Versailles, qui en a fait un prix d’excellence à remettre à ses meilleurs élèves. C’est donc sans doute un premier ou une première de la classe qui, une fois devenu(e) adulte, s’est débarrassé(e) de ce vieux souvenir en l’offrant à la bibliothèque de Limours (qui n’est pas très loin non plus de Versailles). Mis à part une rousseur en page de titre, il est dans un état de conservation remarquable pour un exemplaire âgé de 135 ans.

1059) CLAIRE GOLL – « Le Nègre Jupiter Enlève Europe » (1928)
(Cet exemplaire : Edition originale)

Goll

Celui-là, je l’ai gardé pour la bonne bouche, parce que c’est un livre très gênant, assez épouvantablement gênant en fait. C’était le premier roman d’une jeune garçonne poétesse, épouse de l’écrivain Yves Goll, pas véritablement plus connu qu’elle. Certes, le mot « nègre » n’avait pas à cette époque la signification injurieuse qu’il a pris avec le temps. Mais il n’empêche que ce roman est un délire raciste comme il en existe peu à ma connaissance, racontant pourtant une histoire d’amour interraciale qui aurait pu être pleine d’humanisme et de tolérance, mais qui se veut juste le caprice aléatoire d’une beauté blonde fascinée par un homme-singe. Elle se réveille de sa folie une fois enceinte, réalisant qu’elle ne pourra jamais aimer un enfant noir, et quitte compagnon et progéniture pour revenir dans les bras d’un authentique suédois bien blond. En représailles, le Noir poignardera à mort la traîtresse, ce qui veut bien dire qu’il ne faut pas jouer avec ces bêtes-là…
Tout ça passerait pour un authentique ouvrage nazi, s’il n’était antérieur au nazisme, et s’il n’était signé par une femme juive. Il faut plutôt y voir un ramassis de fantasmes plus ou moins tourmentés d’une jeune femme qui ne fait que ressasser d’abjectes caricatures coloniales, et qui n’avait sans doute jamais vu un Africain de près. Hélas, c’est fort bien écrit, Claire Goll avait un authentique talent littéraire, qu’elle eut hélas mieux fait de consacrer à d’autres thématiques.
Qu’on ne m’accuse pas pour autant de faire la promotion d’un ouvrage raciste oublié. Il n’est hélas pas oublié des amateurs, au point que de tous les livres que j’ai présenté ici, celui-ci est le plus coté : on ne le trouve guère en aussi bon état à moins d’une centaine d’euros sur Internet, et probablement le double chez des libraires spécialisés. C’est à ce genre de détails que l’on voit que les idées qu’on croit révolues continuent à couver sous la cendre…
Mais j’avoue que je suis terriblement tiraillé : il y a plus de propos racistes dans les 10 premières pages de ce roman que sur tout le compte Twitter de Jérôme Bourbon. C’est dire si ça dépasse la mesure, et en même temps, c’est merveilleusement écrit, avec d’assez touchantes images poétiques, dont on ne peut tout à fait s’abstraire. Je crois ne m’être jamais trouvé face à une oeuvre aussi déconcertante, dont il est impossible de faire l’éloge, et dont on résiste pourtant difficilement à l’envie de le lire dès qu’on en a parcouru les premières pages.
À la décharge de l’auteur, il faut préciser tout de même que ce roman n’a aucune visée théoricienne ou suprématiste. Il s’agit plus d’une sorte d’exercice de style poétique autour du mythe de la Belle et la Bête, mais il eut assurément été plus indiqué de faire allusion à une vraie Bête plutôt qu’à un être humain, auquel Claire Goll prête bien sottement un complexe au sujet de sa couleur de peau comparable à la solitude du monstre dans le célèbre conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.

Voilà pour ces quelques vieilleries dénichées là où elles n’auraient jamais du se trouver. Peut-être y’aura-t-il une deuxième fournée le week-end prochain, ou peut-être est-ce tout ce qu’il restera jamais du stock primitif de la bibliothèque populaire de Limours.
Affaire à suivre… ou pas.

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