Les Mégères Inapprivoisables

French humorist Muriel Robin attends a rallyÊagainstÊthe gender-based domestic violence in Paris

L’hiver sera cinglant ! Après les femmes harcelées, voici les femmes battues qui s’en viennent faire leurs intéressantes en complaintes mortifiées devant les caméras. On ne dira jamais tout le mal qu’aura fait le narcissisme geignard durant la première moitié du XXIème siècle.
C’est la toute nouvelle secte médiatique, resucée 2.0 de celle ayant pris comme emblème la meurtrière Jacqueline Sauvage, dont on cherche encore et toujours à faire un exemple parce qu’elle a abattu d’une balle dans le dos l’homme qui, soi-disant, la maltraitait depuis 46 ans (c’est ce qui s’appelle être lent à la réaction).
Tout un ramassis de mégères égotistes s’est immédiatement reconnu en cette idiote du village, que François Hollande a graciée par pur calcul électoral, et que la Justice tient encore pour menteuse et dissimulatrice, suspecte d’avoir probablement noirci jusqu’au Grand-Guignol le portrait de son défunt mari.
Mais vous savez ce que c’est : il n’y a pire aveugle que celles qui ne veulent pas voir. Ce fait divers d’une effarante banalité, mettant en scène une femme minable à l’évidente mauvaise foi, a fait vibrer le cœur de toutes les autres femmes minables à l’évidente mauvaise foi, et Dieu sait qu’elles sont nombreuses en ce pays.
Les vieilles chouettes du MLF ont alors tendu la main aux jeunes Américonnes conditionnées par les thrillers allègrement diffusés par Netflix ou par nos réseaux hertziens. Ainsi, quantité de femmes qui n’intéressent personne – et c’est leur drame -, ou qu’on a laissées derrière soi comme des kleenex usagés ou des produits défectueux, sont-elles tentées de se persuader qu’elles ont en fait été tourmentées, manipulées, abusées, voire même à deux doigts d’être tuées, soit à peu près n’importe quoi susceptible de leur donner la prestigieuse auréole de l’injuste victime injustifiée d’une injustice. Il est vrai qu’en ce monde, c’est quand même plus intéressant d’être une victime abusée qu’une pauvre fille ordinaire, n’est-ce pas ? On suscite mieux l’empathie, l’attendrissement, l’amour même – un amour d’autant plus précieux qu’il n’a pas à être payé de retour, puisqu’il est un dû. À votre bon cœur, messieurs-dames !
Et comme on n’en est plus à une absurdité près, ce groupuscule de laissées-pour-compte s’est trouvé une meneuse au tempérament messianique, qui serait presque crédible si elle n’était à la base un simple clown à la retraite et une assez médiocre comédienne. Cependant, il ne faut pas croire pour autant que ce soit un problème ! Un leader saltimbanque, ça a quand même bien des avantages, ça permet d’articuler son plan média autour d’un film ou d’un téléfilm de propagande, juste comme au bon vieux temps de l’Occupation.

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On pourra objecter, non sans pertinence, que pour jouer cette demeurée du terroir qu’est Jacqueline Sauvage, il fallait moins trouver une bonne comédienne qu’une actrice de troisième zone, dont le jeu hésitant et figé restituerait à merveille l’apathie inquiète du modèle original. Sur ce plan-là, Muriel Robin est parfaite : empreinte de la gravité de son rôle, forte d’une solide expérience dans une télé-réalité colonialiste et dans des pièces de théâtre miteuses, Muriel Robin affiche durant près de deux heures une expression boudeuse et affligée, merveilleusement enluminée par un regard accusateur vaguement interrogatif, qui semble perpétuellement mendier avec férocité la pitié du spectateur, lequel ne peut bien évidemment que se sentir progressivement écœuré face à la hideur morale assumée de cet éloge larmoyant à la justice personnelle, auquel il ne manque plus que le sponsoring de la NRA.
Bref, un splendide brûlot d’extrême-droite, qui rappelle utilement que le féminisme n’est pas qu’à gauche et que l’idée d’une dictature féminine a de quoi faire rêver un certain nombre de harpies. Il faut hélas reconnaître que les femmes qui se sentent une empathie sororale avec Jacqueline Sauvage sont un peu de la même sorte que les hommes qui aiment les films de Stallone, Schwarzennegger ou des Expandables.
Quand le langage des hormones se fait davantage entendre que celui de la raison, que voulez-vous ? Cela donne forcément des choses dans ce goût-là…

Il n’empêche, voilà une belle opération commerciale, à laquelle il n’y a presque rien à redire dans le sens où absolument tout est douteux; mais hélas, la machine bien rodée s’est retrouvée partiellement grippée à cause d’un impondérable que nul n’avait vu venir : la mort de Charles Aznavour !
À l’heure où chaque mémère de France se devait d’être rivée à son écran, le mouchoir à portée de mai, prête à chouiner devant le tragique destin d’une Carmen Cru du Gâtinais, une bonne partie de la France a préféré s’attendrir sur l’extinction pourtant prévisible d’un nonagénaire. Le désastre n’est heureusement pas dantesque, plus de 7 millions de naïfs se sont tout de même laissés prendre à cet attrape-couillons télévisuel. C’est beaucoup en terme d’audience, mais c’est très en dessous des attentes des auteurs du téléfilm, qui espéraient bien secouer émotionnellement le maximum de gens, afin de les culpabiliser et de leur fournir tous les produits dérivés nécessaires à leur consolation.
Vraiment, il n’y a pas moyen de faire du marketing correctement par ces temps-ci !…
D’ailleurs, le réalisateur du téléfilm sur Jacqueline Sauvage ne décolère pas ! Non seulement, il estime que les gens n’ont regardé ça que comme un vulgaire téléfilm – incroyable, non ? – mais en plus, il se plaint que le téléfilm a subi trop de coupures publicitaires. Si ce n’est pas scandaleux !
Mais au fait, qui est-il donc, ce réalisateur ?
Et bien, il s’agit tout bonnement d’Yves Rénier, notre sémillant Commissaire Moulin, qui, durant plus de vingt ans, s’est mis en scène dans un rôle de flic viril en jeans-perfecto, qui s’arrangeait pour sauter une blonde à chaque fin d’épisode…
À quoi ça mène le machisme, n’est-ce pas ?

Video-Testament-de-Johnny-Hallyday-Le-temoignage-d-Yves-Renier-accable-David-et-Laura             (Yves Rénier, ici à droite, aux côtés d’un ami féministe)

C’est dire si la révolte d’Yves Rénier a de quoi surprendre ! Cet employé modèle de TF1 depuis 40 ans n’a découvert que fort récemment que les téléfilms y subissaient des coupures publicitaires. Étonnant, non ? Et pourtant, « Jacqueline Sauvage », c’est tout de même son 17ème téléfilm réalisé pour TF1 ! Ce que c’est que d’être distrait, tout de même…
En même temps, c’est une révolte tout à fait pertinente sur le plan commercial, puisque si Yves Rénier parvient à vous convaincre que ces intempestives coupures publicitaires vous ont gâché le spectacle, vous aurez donc toutes les raisons du monde pour vous acheter le DVD, qui devrait sortir pour Noël.
Et afin de mener à bien cette tournée promo, Yves Rénier peut compter sur Muriel Robin, qui semble avoir beaucoup de mal à sortir de son rôle, et cherche intensément à devenir un symbole. Mais un symbole de quoi et à quel titre ? Muriel Robin est généralement très discrète sur sa vie privée, bien qu’elle ait coutume, suite à un bide commercial ou lorsque sa carrière est en difficulté, de prétexter des drames personnels ou des problèmes de santé pour disparaître brutalement, puis revenir quelques mois plus tard, toute auréolée de la gloire de la survivante, même s’il y a des chances qu’elle n’ait survécu à rien d’autre qu’à la galère de la vie d’artiste.
Tout comme Yves Rénier, son engagement féministe a de quoi faire sourire. Muriel Robin est depuis toujours une femme de droite, conservatrice et démagogue, qui a fait ses premières armes dans des sketchs écrits par Pierre Palmade, des sketchs qui brocardaient « gentiment » le racisme, le machisme, et tout un tas de valeurs traditionnelles ou libérales qu’il eût été malséant de bouder. Elle s’était alors enfermée dans un personnage de mégère hommasse et directive, bourgeoise et réactionnaire, qui semble-t-il, lui est monté à la tête ou lui a donné des remords. Depuis déjà pas mal d’années, elle s’est éloignée de la scène pour se concentrer sur des rôles « sérieux » au théâtre ou au cinéma, visiblement à la recherche de la reconnaissance de ses pairs, qui ont pourtant autre chose à penser.
Convertie à une sensiblerie « à l’américaine », Muriel Robin n’a pas hésité à prétendre avoir souhaité le rôle de Jacqueline Sauvage parce qu’elle aurait elle-même été victime de violences conjugales, ce qui est facile à dire et impossible à prouver. Cependant, cela tombe à pic pour justifier un investissement excessif dans un rôle et une cause, dont elle évite prudemment de signaler qu’ils mettent fin à un retour peu convaincant sur scène et à deux ans de chômage au cinéma. Ah, quel poète chantera la formidable poussée de convictions morales et humanitaires qui s’empare des artistes lorsqu’ils sont au creux de la vague ou en fin de carrière ?
Toujours est-il qu’à l’image de bien des stars vieillissantes de ce côté et de l’autre de l’Atlantique, Muriel Robin cherche désespérément à exister comme phare d’une cause qui ne la concerne pas. Bien qu’elle se prétende bisexuelle, on ne lui a jamais connu aucun homme susceptible d’avoir la main leste en privé, et elle vit depuis de très nombreuses années avec une autre comédienne de son âge. Bien qu’elle ait toujours une anecdote glauque à partager pour justifier ses maigres activités (une fausse couche dans sa jeunesse, une mère qui meurt, un cancer qui se réveille – mais qui se rendort aussitôt -, un cœur qui s’emballe – mais qui se calme bien vite -, etc…), Muriel Robin n’en est pas moins un être secret, impénétrable, qui ne laisse entrevoir que ce qui lui plait, et dont le regard mauvais et naturellement hostile maintient une distance écrasante avec ceux qui l’entourent. Nul doute que cette chansonnière de café-théâtre, pauvrement reconvertie dans le navet télévisuel, se prend pour l’éminent personnage qu’elle ne sera jamais, mais même avec cette lucidité-là, on peut se demander véritablement où elle veut aboutir avec ce numéro d’opérette.
Car à défiler ainsi sous les fenêtres du Palais de Justice, en réclamant de l’argent pour les associations d’aide aux femmes battues, lesquelles en touchent déjà puisqu’elles sont subventionnées, Muriel Robin et ses copines ne servent strictement À RIEN. Le problème de la violence conjugale n’est hélas pas une question d’argent. Il s’agit d’une situation assez similaire à celle que rencontrent les associations venant en aide aux femmes victimes de viol. Car si une femme violée n’ose pas toujours porter plainte, une femme battue l’ose encore moins souvent, et court même un danger plus grave, puisqu’elle reste obstinément vivre avec son agresseur.

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Une femme battue, en effet, ne devrait l’être qu’une seule fois. Au premier coup, à la première gifle, il faut plier bagage, car dès lors que la violence s’intègre à une relation amoureuse, elle ne peut plus en sortir. Quel que soit le contexte, même lorsqu’elle n’a nulle part où aller, une femme qu’on frappe doit quitter son foyer, porter plainte et ne plus revoir son compagnon sans être accompagnée de gardes du corps, et seulement pour récupérer ses affaires. Pardonner ne sert à rien, car ce qui ne porte pas à conséquence se renouvellera forcément.
Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, mais cette femme a presque toujours voulu courir ce risque de mourir, par la faiblesse d’un orgueil stupide ou d’un espoir insensé. Il y a un tabou écrasant autour de la responsabilité des femmes dans les violences conjugales qu’elles subissent, un tabou qui précisément empêche les mentalités d’évoluer. En effet, un homme brutal et mauvais ne sera jamais rien de plus. C’est à la femme de réagir, de mettre fin à une passivité qui trop souvent finit par lui coûter la vie.
L’orgueil d’une femme victime de violence conjugale la pousse généralement à ne pas admettre facilement cette humiliation, où à y voir la première bataille dérisoire d’une guerre plus longue, dont elle sortirait forcément victorieuse. Combien de femmes se sont ainsi aveuglées en pensant que la violence de leur compagnon était le revers d’un désordre émotionnel suscité par d’authentiques sentiments amoureux ? Hélas, un homme qui frappe n’est pas un homme amoureux, la femme qui subit ses coups en pleurnichant perd toute dignité à ses yeux. Au contraire, il sera tenté de la voir comme un défouloir commode. Ce qui l’attachera à elle pourra relever d’un grand nombre d’affections tordues, y compris les plus malsaines, mais l’amour en sera toujours exclu.
Pourtant, malgré cela, trop de femmes espèrent rétablir un équilibre, voire exercer à leur tour une emprise sur un compagnon qu’elles supposent faussement fragilisé par son acte. Ajoutons à cela que certains hommes perdent le contrôle de leurs nerfs parce que leurs femmes ont délibérément cherché à les pousser à bout. Ces dernières se sentent alors responsables de ce qui leur est retombé dessus, ce qui n’est pas forcément faux, mais de toutes manières, cela ne saurait excuser ou rattraper une rage masculine primitive, un geste d’animal traqué, qui fait éclater à jamais la confiance nécessaire à la viabilité d’une relation.

Parce que tout ce qui unit ou déchire un couple tombé dans la violence conjugale forme un engrenage d’une extrême complexité, les femmes battues n’ont nullement besoin des manifestations stériles et alarmistes d’un groupuscule autoproclamé de célébrités vacillantes, qui ne font qu’aggraver le problème en en diffusant une interprétation simpliste et manichéenne, présentant les femmes comme des petits oiseaux fragiles et innocents malmenés par des brutes épaisses. Tout ça rappelle le sinistre « Projet Crocodiles », et sa vision puritaine, mensongère et perverse des relations hommes/femmes.
De même, les associations d’aide aux femmes battues n’ont pas besoin qu’on leur ramène de l’argent ou qu’on leur fasse de la publicité. Elles auraient surtout besoin qu’on leur donne la formule magique à rétorquer à une victime qu’elles ont accueilli, qui se prépare à rentrer dans son foyer, et qui leur dit :
Ne vous inquiétez pas, ça va aller, on va discuter lui et moi, ça va s’arranger.
Car le véritable poison de toute entreprise morale et humanitaire, c’est le profond sentiment d’inutilité qui ronge l’âme et le cœur de ceux et de celles qui voudraient tant se rendre utiles. Mais qui s’en préoccupe ?

En dépit des #MeToo, des Weinstein, des #BalanceTonPorc, des alarmes connectées ou des bombes lacrymogènes, il y a toujours autant de viols, toujours d’autant d’agressions, toujours autant de femmes battues et tuées par leurs conjoints ou leurs ex-conjoints. Rien de tout le vacarme médiatique que l’on fait depuis maintenant un an ne sert à quelque chose. La seule parole qui se libère, c’est celle des femmes qui veulent leur quart d’heure de célébrité, et qui feront resurgir n’importe quel vague souvenir plus ou moins fantasmé pour jouer la scène des larmes à la télévision. Les seuls comportements qui changent sont ceux des hommes qui ne feront jamais rien de pire que de laisser traîner leur main sur une taille, un soir où ils auront un peu trop bu. Les innocents culpabilisent inutilement, les autres doivent bien rigoler. Je ne serais même pas étonné que certains violeurs trouvent que la situation a son avantage : persuadées que la cause des femmes est entendue, certaines doivent se montrer moins prudentes quand elles s’aventurent seules dans des quartiers louches, ou lorsqu’elles visitent des appartements…
L’immense bêtise de cette frénésie médiatique bipolaire, tantôt paranoïaque, tantôt crédule, a quelque chose d’assez inquiétant, d’assez psychotique, et marque peut-être le début d’une nouvelle forme de folie humaine : celle des gens qui ne conçoivent la réalité et la morale qu’à travers la démagogie facile des réseaux sociaux, des fictions racoleuses et des produits dérivés taillés sur mesure à leurs angoisses.

Une chose demeure certaine : la cause des femmes n’a vraiment pas besoin de Jacqueline Sauvage. Bien au contraire, quel plus bel exemple de soumission à la domination masculine que cette femme qui a accumulé quatre décennies de lâcheté quotidienne, au péril de sa vie, de celle de ses enfants, ne trouvant une issue que via un meurtre, alors qu’elle n’avait jamais cessé d’avoir la loi pour elle ? Et en tirant dans le dos de son mari, sans même oser affronter le regard de son bourreau ! C’est cela que nous sommes censés admirer ?
Une femme au hasard, qui se prendrait une gifle de son compagnon, le regarderait bien en face, sans ciller, sans verser une larme, sans justifier quoi que ce soit, et qui simplement ferait sa valise et s’en irait, dégoupillant d’un seul regard déterminé les tentatives d’intimidation ou d’excuses de l’homme qui l’a frappée, cette femme-là serait digne de tous les éloges, cette femme-là serait un exemple de force et de dignité pour toutes les autres femmes.
Alors, évidemment, ça ferait une histoire un peu courte à raconter, on n’en tirerait pas un téléfilm d’une heure et demie, on peinerait à y placer des dialogues âpres qui feraient couler les larmes des ménagères. Les marchands de soupe ne trouveraient pas ça très rentable…
Mais cette femme-là, moi, je lui érigerais une statue, car elle ferait vraiment changer les choses. Beaucoup plus, en tout cas, que ce quarteron de ménopausées narcissiques qui se donnent bonne conscience en dénonçant bien haut, bien fort, sur les chaînes d’infos, que c’est pas beau de faire bobo, – tout en n’ayant aucun scrupule à instrumentaliser une vieille folle qui semble déjà avoir passé l’essentiel de sa vie à s’être fait instrumentaliser par un homme.
Tout cette affaire est odieuse et vulgaire, jésuitique et douteuse, et ne sert au final que l’ego boursouflé de personnalités publiques déclinantes et revanchardes, dont on est fatigué de subir en permanence les incessants caprices.

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